💌 Rêver grand.

Par Camille Lizop.

Curiosity Club News
4 min ⋅ 22/01/2026

Au travail ou à la maison, je sais que vous l’avez déjà expérimentée. Je veux parler de chacune de ces fois où, devant une tâche à accomplir, vous avez fini par vous dire que le plus simple, ce serait encore de le faire vous-même. Que là au moins, vous seriez sûre que la tâche serait bien exécutée. Que ce soit pour faire le ménage ou pour prendre les notes en réunion, vous avez certainement déjà été victime d’une tactique : celle de l’incompétence stratégique.

La prévention des grossesses non désirées est un problème trop sérieux pour le confier aux hommes.*

Derrière une intention sincèrement féministe aux accents quasi misandres, ce discours infantilise et déresponsabilise les hommes.

Cependant, je vous vois venir, vous qui considérez qu’il faut choisir ses combats. Vous qui maintenez que le ménage et la contraception charrient des enjeux bien différents. Vous qui rejoignez à ce titre le médecin Martin Winckler.

Votre position, c’est celle du deux poids, deux mesures, et ça se défend. Le résultat de ce légitime calcul n’est cependant pas si satisfaisant : on se contente du moindre mal, on accepte des solutions partielles. Or l’histoire des luttes nous donne de bonnes raisons de penser que l’on peut faire mieux, que l’on doit rêver plus grand.

Rêver plus grand, cela commence par désamorcer toute esquisse d’incompétence stratégique - surtout quand elle est organisée à grande échelle. Dès les premières pages, la BD Les contraceptés pose le décor, avec cette scène : les deux journalistes et auteurs de l’ouvrage sont représentés, face à leurs compagnes qui évoquent les effets secondaires de leurs contraceptions respectives.

Le premier réagit : “Y aurait un truc [un moyen de contraception masculine], on le prendrait...”, son confrère complète : “Mais y a rien, déso.” La BD entre dans les détails, pour souligner que, même si les techniques de contraception masculine sont beaucoup moins développées pour des raisons économiques, politiques et sociales, des solutions existent : vasectomie, injections hormonales, slip chauffant... Mais surtout, et c’est là la vraie révélation de la fabuleuse histoire de la contraception masculine : à chaque fois qu’une solution expérimentée a présenté un risque majeur pour la santé, elle a été abandonnée.

Le féminisme est un sport de combat qui oblige à quelques réflexes, notamment celui d’examiner chaque avancée en se demandant non seulement ce que l’on gagne, mais aussi quel sera le prix à payer. Le contrôle des naissances au risque d’un AVC ? On peut trouver mieux. Il n’y a qu’à voir l’anneau thermique (développé pour les hommes) : “les seuls effets secondaires répertoriés de cette méthode, c’est : des petites démangeaisons au début, et puis voilà”**.

* Martin Winckler, C’est mon corps, l'Iconoclaste.
** Blast

Camille Lizop

Ce texte est le troisième d'une trilogie. Vous voulez lire les premier et second épisodes ? Retrouvez-les ici et .

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Curiosity Club News

Par Curiosity Club

Française et britannique, femme, mère et amante, plume et cadre dirigeante, Julie aime les mots mais pas les cases étroites dans lesquelles on range les idées et les gens. Elle milite pour une intelligence plurielle, pour le droit à être plusieurs choses en même temps et considère la curiosité comme la plus belle des qualités. Pour Curiosity Club, elle partage des fragments de vie et pose des mots sur les déflagrations qui nous ébrèchent autant qu'elles nous grandissent. 

Ophélie est diplômée d’un PhD en philosophie et études de genre de l’université de Cornell (USA). Elle enseigne les humanités politiques et les questions de genre à Sciences-Po Paris. Son approche éclaire les sujets d’égalité F/H, d’inclusion et de leadership par les sciences humaines.

Valentine partage avec nous les 10 ans qu’elle a passé sur le terrain à parcourir les zones de conflits pour faire respecter le « droit de la guerre » et améliorer les conditions des civils souffrant d'années de conflits. De la gestion du risque et de la peur à l’exploitation de ses forces en passant par l’adaptation à son environnement et la négociation, vous n’êtes pas au bout de vos surprises. 

Philosophe de formation, Camille a travaillé comme chargée de recherches dans le milieu de l’innovation sociale, puis comme conseillère auprès d’un élu local. Elle écrit pour contribuer à la fabrique d'un monde pétri de moins d'inégalités - qu'elles soient sexistes, classistes, racistes, validistes. Ses domaines de prédilection ? L’égalité femmes-hommes, la justice sociale et le travail, la culture et le design.


Jeanne a étudié les lettres et le cinéma à Paris, Montréal et Rome. En 2024, elle s'est installée sur l'île de Groix pour reprendre la co-direction artistique du FIFIG, un festival de cinéma documentaire dédié à l'insularité. Elle travaille en parallèle sur ses propres projets de films documentaire et d'écriture.

Consultante et aujourd'hui journaliste, Clémentine s'intéresse notamment aux évolutions du monde du travail, aux questions de genre et d'égalité, et à l’écologie. Elle aime écrire sur l'actualité, les gens qu’elle rencontre ou pour détailler les pérégrinations de son cerveau.